Success story avec la CCI France Russie

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Cybercom

Grâce à son partenariat avec la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe (CCI France Russie), la société Cybercom a pu honorer la commande de matériel passée par le « Centre des technologies additives » de la région de Voronej.

Selon le contrat signé avec son client, Cybercom s’engageait à livrer plusieurs imprimantes 3D professionnelles. À cause des sanctions mises en place par l’Union européenne à l’encontre de la Russie, l’opération n’a pas pu être réalisée dans les délais. Le matériel contenait un laser, considéré comme une technologie à double usage, et a donc nécessité la demande d’une licence d’exportation spécifique pour franchir la frontière européenne.

En dédommagement, Cybercom a proposé un équipement analogue de gamme supérieure pour le même prix. Malgré tout, les représentants du client ont entamé des poursuites contre la société en exigeant le paiement de 2,5 millions de roubles de dommages pour non-respect des délais.

À la demande de Cybercom, la CCI France Russie a participé à la préparation du dossier de défense. Par l’intermédiaire de ses experts, la CCI France Russie a précisé que les sanctions à l’encontre de la Russie pouvaient être apparentées à un « cas de force majeure ». En effet, au moment de la signature du contrat, la future interdiction à l’exportation vers la Russie de biens à double usage était impossible à prévoir.

Tenant compte du contexte particulier du marché et de l’avis des experts de la CCI France Russie, la Cour d’arbitrage de la région de Voronej a décidé de prononcer un non lieu.

Cybercom figure parmi les premières entreprises en Russie dans le domaine des technologies 3D, de l’impression, numérisation et modélisation. Fournisseur de sociétés comme 3DSystems, EnvisionTEC, Breuckmann GmbH, AICON GmbH, Artec Group et RangeVision, Cybercom est également distributeur de ces marques en Russie et CEI. La sphère d’activité principale de la société englobe les services de prototypage rapide, de rétro-ingénierie et la production de petites séries. La société compte parmi ses clients de nombreuses entreprises russes et étrangères, dont Danone, la Compagnie unifiée de construction navale (OSK), la Compagnie aéronautique unifiée (OAK) et Rostec.

 

Tatarstan

Organisation de délégations d'entreprises françaises dans les régions russes

Depuis le début des années 2000, les régions russes cherchent à attirer des investisseurs étrangers dans le but de moderniser leur économie et de faire progresser leurs industries. Depuis 1999, la Chambre de commerce et d'industrie franco-russe (CCI France Russie) apporte son soutien à l'organisation de délégations d'entreprises françaises à la demande des administrations régionales. En 14 ans, 24 voyages "clé en main" dirigés par l'Ambassadeur de France ont été organisés. En décembre 2012, le Président russe Vladimir Poutine a chargé les responsables régionaux de collaborer plus activement avec les investisseurs et d'améliorer l'attractivité des régions pour ces derniers afin de hisser la Russie à la 50ème place dans le classement de référence Doing Business d’ici 2015.

Tatarstan : une région qui attire efficacement les investissements étrangers

Roustam Minnikhanov, Président de la République du Tatarstan : "Les relations amicales entre la Fédération de Russie et la France contribuent considérablement à la collaboration entre ces deux pays au niveau régional et créent un climat favorable au développement des entreprises. Les rencontres avec les représentants des entreprises françaises servent à renforcer la collaboration économique entre le Tatarstan et la France et à lancer des projets concrets".

La voie vers la réussite : organisation de délégations Françaises annuelles

Ratification par le président de la république du Tatarstan d’une "liste d'objectifs" avec des délais concrets et des responsables attitrés au sein du gouvernement de la république, à l'issue de chaque délégation.

La ССI France Russie a organisé 3 délégations d'entreprises françaises dans la République du Tatarstan : en 2008, en 2010, en 2013.

En outre, en 2013, la première table ronde sur le thème des PPP a été organisée conjointement avec le gouvernement du Tatarstan et l'Ambassadeur de France dans le but de développer ce mécanisme dans la région et d'attirer des investisseurs pour les nouveaux projets financiers coûteux qui seront réalisés sur la base de PPP.

  • Suite à la délégation de 2010, 7 objectifs ont été réalisés.
  • Suite à la délégation de 2013, des résultats sont attendus.

Programme du gouvernement de la république pour l'année 2012 — invest in Tatarstan

En 2013, le Tatarstan fait partie des trois régions les plus attractives pour les investisseurs étrangers(selon le résultat de l'étude réalisée conjointement par l'Union russe des industriels et des entrepreneurs et l'association KPMG International Cooperative). L'étude montre que les investisseurs étrangers sont particulièrement réceptifs à l'attention que le Président Minnikhanov porte à leurs besoins et à l'infrastructure de la zone économique spéciale d’Alabouga, jugée "parfaite". Les auteurs de l'étude donnent également une note élevée au Tatarstan pour l'information efficace sur le potentiel que présente la République pour les investisseurs étrangers.

À l'heure actuelle, 8 grandes sociétés françaises ayant participé aux délégations Travaillent dans la république du Tatarstan :

  • Leroy Merlin a ouvert en juin 2013 le premier hypermarché à Kazan (deux autres sont prévus : à Kazan et à Naberejnye Tchelny).
  • Auchan a ouvert son premier magasin à Kazan en 2011 (l'ouverture d'un deuxième est prévue).
  • Instar Logistics a ouvert une représentation à Kazan.
  • Danone dispose d'une ligne de production au sein de l'usine de produits laitiers de Kazan, "Edelweis M".
  • Fluor et Foster Wheeler France participent à la réalisation de projets pétrochimiques et pétroliers de la société Taneco.
  • Air Liquide a ouvert en mai 2012 une usine dans la zone économique spéciale d’Alabouga (la production devrait être élargie).
  • Schneider Electric fournit des équipements à ses clients dans la République.
  • Saint-Gobain édifie conjointement avec ses partenaires une usine de vitrage automobile et de verre pour la construction sur le territoire de la zone économique spéciale d’Alabouga.

Batiactu Groupe - CCI France Russie : un partenariat réussi

Le 24 novembre, le Télégraphe central de Moscou a accueilli la première Journée internationale de l’innovation dans l’architecture et la construction, organisée de main de maître par Radi Doma Batiactu Groupe et la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe. La fréquentation de cet événement a dépassé toutes les attentes. Plus de 900 professionnels se sont rassemblés autour de spécialistes du secteur et de représentants des pouvoirs publics pour une conférence consacrée notamment aux défis de la mondialisation et à la modélisation des données du bâtiment. Nous avons dressé un bilan de cette journée en recueillant les impressions de Xavier Dumouliévice-président de Batiactu Groupe.

« Les équipes […] étaient complémentaires : la CCI France Russie maîtrise parfaitement l'organisation d'événements pour les professionnels de haut niveau, tandis que Radi Doma Batiactu Groupe dispose d'un media leader dans le secteur de la construction »

Quelles étaient les attentes pour ce premier événement ?

La Journée de l'innovation dans l'architecture et la construction 2015 a été conçue pour réunir les professionnels russes du secteur, de haut niveau, qu'ils soient architectes, ingénieurs, constructeurs ou promoteurs immobiliers. Cette journée devait permettre aux visiteurs, porteurs de projets, de rencontrer des industriels porteurs d'innovations et de solutions techniques pour la réalisation de ces projets. Afin de s'assurer d'un public de grande qualité, nous avions convié de grands noms français de l'architecture, comme Jean-Michel Wilmotte ou Jean Pistre. Notre souhait était de créer un nouveau concept de rencontres professionnelles de qualité et d'inscrire cet événement dans la durée !

Quels ont été les résultats ? Étaient-ils surprenants par rapport aux attentes ?

Nous avions pronostiqué un peu plus de 600 visiteurs. Nous avons finalement accueilli le 24 novembre dernier plus de 900 professionnels ! De nombreux exposants ont manifesté dès le jour même leur souhait de revenir l'an prochain. Des industriels, absents de cette première édition, nous ont déjà sollicité spontanément pour être présents en 2016 ! Ces résultats vont au-delà de nos prévisions les plus optimistes ! Nous sommes récompensés des efforts investis pour faire de cet événement un rendez-vous de qualité, au service des professionnels de haut niveau du secteur de l'architecture et de la construction en Russie.

Quelle est votre appréciation de la collaboration entre nos deux équipes et du travail réalisé ?

Dès le départ de ce projet, nous avions avec Thomas Kerhuel (directeur commercial de la CCI France Russie) bien identifié que les équipes de la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe et de Radi Doma Batiactu Groupe étaient complémentaires : la CCI France Russie maîtrise parfaitement l'organisation d'événements pour les professionnels de haut niveau, tandis que Radi Doma Batiactu Groupe dispose d'un media leader dans le secteur de la construction, de fichiers de près de 200 000 professionnels et d'un réseau de contacts auprès des institutionnels, industriels, architectes, aussi bien en France qu'en Russie. Nos équipes ont su collaborer efficacement et s'adapter aux défis qui nous étaient imposés par l'exigence commune de réussir dès la première année, pour inscrire cet événement dans la durée.

Que retenez-vous de cette journée, personnellement ?

Je retiens que d'une simple idée peuvent naître de grands projets, même dans des contextes a priori difficiles ! La Journée de l'innovation dans l'architecture et la construction est avant tout une expérience humaine très enrichissante, avec la rencontre de deux équipes motivées, attachantes et performantes !

À l'année prochaine !

Schneider Electric 

Société

Entreprise internationale fondée en France, Schneider Electric est un leader mondial de la gestion de l’énergie proposant des technologies innovantes dans le domaine de l’efficacité énergétique et des solutions intégrées d’automatisation pour les secteurs de l’énergie et des infrastructures, l’industrie, les bâtiments publics et résidentiels, ainsi que les centres de traitement des données.

  • Plus d’un milliard de dollars investis en Russie par la société au cours des dernières années.
  • Près de 60% des produits vendus en Russie ont été produits sur le territoire russe.
  • 7 usines en Russie.
  • 35 bureaux de représentation dans les régions de Russie.
  • 2ème place en Europe (après la France) et 4ème dans le monde (derrière la Chine, les USA et la France) en termes de volume du marché.
  • 12 000 collaborateurs russes travaillent pour la société sur le territoire de la Fédération de Russie.

Clés du succès

Schneider Electric aborde chaque implantation en cherchant à s’insérer en profondeur dans le tissu économique du pays. L’objectif de la société ne se limite pas à des activités telle que la vente de solutions et produits sur un territoire, mais comporte également une stratégie de localisation, c’est pourquoi la société a développé le concept de "Russian face" (Visage russe), traduisant l’idée que Schneider Electric aspire à être perçue comme une entreprise locale russe.

"Développer sa notoriété passe nécessairement par une stratégie "d’enracinement" dans le pays. Dans le cas présent, Schneider Electric procède en suivant deux axes : d’un côté, nous ouvrons de nouveaux sites industriels, qui constituent les "racines" de l’entreprise, et de l’autre, nous rachetons des entreprises russes actives depuis plus de 50 ans dans le pays et possédant donc une grande expérience, des professionnels de haut niveau, ainsi que des solutions reconnues dans le domaine de l’énergie. Ces acquisitions démontrent notre attachement au pays ainsi que notre volonté de poursuivre un développement à long terme sur le territoire russe", - Mikhaïl Touroundaev, directeur de la stratégie et du développement.

Particularités du marché russe Schneider Electric - CCI France Russie
Un président régional représente Schneider Electric dans chaque région de Russie. Sa mission : mettre en place les conditions d’un dialogue optimal avec les cadres de nos sociétés-clientes et les administrations locales (les gouverneurs, les maires et les ministères), relayer et communiquer sur les positions de Schneider Electric en Russie comme dans la région en question. Délégation en régions : les représentants de Schneider Electric ont pris part à de nombreuses missions d’entreprises à destination d’Omsk, de Novossibirsk, Tomsk, Ekaterinbourg et Kazan.
Le fonctionnement interne de Schneider Electric s’appuie en partie sur des éléments issus d’une culture étrangère. Dans le même temps, la société s’efforce "d’ouvrir la Russie" aux nombreux spécialistes étrangers qui s’y rendent, en leur offrant des opportunités d’échanges culturels, afin que ces derniers fassent bénéficier leurs collègues de leur expérience une fois de retour en poste dans les bureaux de représentation de Schneider Electric en Europe et dans le monde. Le Comité Achats de la CCI France Russie : a été créé en 2013 à l’initiative d’Olga Kanenova, directrice des achats de Schneider Electric. Ses sessions rassemblent régulièrement des spécialistes de haut niveau pour des échanges autour des grandes problématiques du secteur.
La société est toujours ouverte au dialogue et s’efforce de partager sa riche expérience européenne en matière d’innovation, tout en recherchant de nouvelles opportunités de mise en œuvre en Russie des solutions ayant déjà fait leurs preuves en Europe et dans le monde entier, en particulier à travers une collaboration étroite avec les Ministères fédéraux et les agences gouvernementales. Événements : les représentants de la société participent aux séminaires pratiques, réunions et tables ronde organisés par la CCI France Russie. Récemment, ces derniers sont intervenus dans le cadre de la Conférence "Efficacité énergétique, écologie et climat : piliers de la croissance économique" du 17 mars 2015.

"Les communautés professionnelles rassemblant les spécialistes des achats sont très présentes en France. Par contraste, la Russie n’en comptait quasiment aucune. Après avoir analysé le marché, j’ai réalisé que la création d’une telle communauté gagnerait à s’appuyer sur une plateforme déjà bien établie. Je savais que la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe avait réussi à fédérer de nombreuses entreprises, passant de 15 sociétés membres à plus de 400 aujourd’hui. J’ai donc décidé de présenter mon projet à la Chambre, et Schneider Electric soutient aujourd’hui très activement cette initiative", - Olga Kanenkova, directeur des achats de Schneider Electric et présidente du comité Achats de la CCI France Russie.

Projets Crise et sanctions
  • La société prévoit de lancer une nouvelle ligne de production.
  • L’ouverture d’un centre de service et d’un centre d’éducation au sein de la technopole "Moskva" est prévue pour l’automne 2015 et rassemblera 250 salariés.
  • Schneider Electric poursuit ses travaux en vue de l’ouverture d’un centre de recherche & développement.
Les sanctions n’ont pas directement affecté les activités de Schneider Electric en Russie. Toutefois, comme n’importe quelle entreprise implantée dans le pays, Schneider Electric note un ralentissement de l’économie russe ainsi que des difficultés d’accès aux financements pour certains clients pouvant entraîner des retards sur les projets concernés.

Schneider Electric surveille néanmoins de près la situation en étroite liaison avec ses clients et partenaires, en les aidant à trouver les meilleures solutions à leurs problèmes concrets.

"Je pense que le plus important est de ne pas baisser les bras. Dans la situation géopolitique et économique complexe que nous traversons actuellement, le soutien d’organisations telles que la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe commence à jouer un rôle décisif. Ces dernières servent de médiateurs entre les entreprises étrangères et le pays. C’est pourquoi bénéficier du soutien de ces organismes nous semble essentiel dans les circonstances actuelles, et nous sommes de notre côté prêts à contribuer autant que possible au développement de la Russie", - Mikhaïl Touroundaev, directeur de la stratégie et du développement.

Nexans

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Carnet de bord

Olivier Quesson - Orange Business Services

Interview d’Olivier Quesson, Directeur commercial Orange Business Services Russie

Alexandre Joao (CCIFR): Bonjour M. Quesson ! Et merci de m’accueillir chez vous. Pouvez-vous pour commencer vous présenter en quelques mots et nous expliquer comment vous êtes arrivé en Russie ?

Olivier Quesson : Avec plaisir… Je travaille chez Orange depuis une petite dizaine d’années où j’ai occupé différents postes à vocation commerciale, dans un premier temps en France. J’ai été Directeur des ventes et Directeur régional, avant de passer à l’international.

Avant de partir pour la Russie, j’étais responsable de la transformation des organisations commerciales grands comptes et de l’amélioration de l’efficacité commerciale dans nos filiales. J’étais basé à Paris mais avec mon équipe de consultants, je passais chaque mois au moins trois semaines à l’étranger au sein de nos filiales… J’étais en parallèle executive sponsor pour Orange Business Services Russie, en pratique la fonction consistait à faciliter les relations entre notre filiale sur place et le groupe en fournissant les supports adaptés, en envoyant les bons experts sur place et en pilotant les différentes transformations…

Cela m’amenait à me déplacer environ tous les deux mois en Russie, pour superviser la partie vente et toutes les autres missions de notre filiale russe. L’expatriation était pour moi un vieux rêve et après 5 ans de consulting, je me suis dit qu’il était temps de le réaliser. Mes enfants avaient déjà 8 ans et 11 ans, c’était le bon moment pour sauter le pas ! Et puis pour moi c’était aussi un challenge intéressant, une aventure familiale et professionnelle et une étape importante dans ma carrière : j’ai donc dit oui assez rapidement lorsqu’on m’a proposé ce poste de directeur commercial Russie.

AJ : Pas d’appréhensions ou de craintes avant de vous installer en Russie ?

Oui et non ! Ce n’était pas non plus un saut dans l’inconnu, j’y avais déjà passé du temps dans le cadre de mes missions précédentes, même si bien sûr ce n’est pas la même chose…Lorsqu’on arrive, on a son petit hôtel à côté, un chauffeur, un planning bien défini…c’est une sorte de bulle de confort. L’expatriation avec mon épouse et mes enfants, c’est autre chose. Après oui, dans l’esprit des gens la Russie n’est pas forcément l’expatriation la plus simple à appréhender, mais au quotidien, et surtout pour ma famille, on a trouvé à Moscou une vraie qualité de vie. Mes enfants aiment cette nouvelle vie, leur école, leurs amis… Mon épouse a fait beaucoup de nouvelles rencontres : dans l’ensemble l’expérience est bénéfique pour tout le monde ! On a appris à aimer la Russie, ses bons côtés comme ses côtés plus durs, ce n’est pas toujours simple mais quand on y est soi-même, notre perception du pays évolue forcément beaucoup. Quand on discute avec des amis français, ma femme et moi ne disons que du bien de notre vie à Moscou, les gens sont souvent encore assez surpris ! Je leur explique qu’il y des milliards de choses à faire chaque week-end…Bon, oui pour les Russes le sourire ne vient pas naturellement dans la rue, ceci dit le métro parisien n’est pas si différent sur ce plan…Et puis une fois que le contact est établi, les Russes sont en général sympathiques. Bien sûr il faut s’adapter, quand on fait ses courses le samedi matin au supermarché dans une foule énorme, on se fait bousculer, c’est inévitable…

AJ : Et quel aspect de la vie Moscovite appréciez-vous le plus ?

Sans hésiter, le fait que tout soit disponible 24 heures sur 24 ! Quand on va rentrer en France, un jour, ça va surement être compliqué ! Ici, on peut manger à n’importe quelle heure, ça permet d’avoir des journées plus denses, de faire davantage de choses. Je ne fais pas encore mes courses chez Leroy Merlin à 3 heures du matin comme certains mais je trouve très bien d’avoir cette possibilité…Après l’inconvénient si l’on peut dire, c’est que Moscou est une ville qui pompe vraiment beaucoup d’énergie, le rythme de vie est très rapide ! Mais ça fait partie des règles du jeu, il faut de l’endurance pour vivre ici. Et c’est tres bien comme cela.

Sur un autre plan, ce que j’apprécie beaucoup en Russie, c’est que lorsqu’on pousse la discussion, qu’on fait des efforts, les gens s’ouvrent très facilement. Au niveau de la langue par exemple, quand on essaye de parler un peu le russe, qu’on montre sa bonne volonté, les sourires apparaissent et on vous aide très sincèrement. Moi qui ai vécu à Lyon et à Bordeaux, c’est presque plus compliqué : les gens sont parfois plus fermés là-bas qu’à Moscou.

AJ : Qu’est-ce qui vous manque le plus par rapport à la France ?

Il y a six mois j’aurais dit du bon pain, mais plus maintenant. Ma baguette et mes croissants me manquaient beaucoup mais j’ai fini par trouver du pain de qualité, il ne reste que les croissants… Après, la France me manque certainement un petit peu oui, et puis la mer, le soleil sans doute aussi (je vivais a Bordeaux !), surtout l’hiver. Heureusement les sentiments positifs que j’éprouve tous les jours ici compensent largement. Et puis pour le soleil, on peut toujours partir en vacances…

AJ : D’après votre expérience, diriez-vous qu’il est facile de travailler avec les Russes ?

Bonne question ! Oui et non… Oui parce que les Russes sont extrêmement professionnels, appliqués, avec un niveau d’éducation assez impressionnant. Il y a une culture scientifique très forte. Après, il y a aussi des différences avec les modes de fonctionnement occidentaux. La culture du projet par exemple, n’est pas vraiment présente. Ca implique qu’il y a tout un travail de management à faire assez régulièrement : l’idée du résultat à atteindre est là, mais la question du "comment faire pour l’obtenir" n’est pas vraiment ancrée dans les esprits. C’est d’ailleurs pour ça que l’on fait souvent appel à des expatriés pour mettre en place ce type de méthodes transversales et collaboratives.

Après en termes d’envie et d’enthousiasme c’est très positif, il y a une volonté de bien faire et beaucoup de professionnalisme : Il faut juste développer ces nouvelles façons de faire travailler ensemble ces talents.

AJ : Et est-il simple d’instaurer une relation de confiance avec vos interlocuteurs, clients, partenaires ?

Dans un job commercial, je dirais que le fait d’être un expatrié est à la fois un plus et un challenge. Pour une société internationale et globale comme la nôtre, ça permet d’apporter une vision et un discours complémentaires par rapport au reste de nos équipes. C’est aussi un défi parce qu’il y a toujours un scepticisme au premier abord : on est testé en permanence, à nous de faire nos preuves. Bien évidemment, pour maximiser l’efficacité mon équipe et moi, nous définissons en interne les personnes à rencontrer en fonction des besoins : chacun a ses interlocuteurs désignés.

AJ : Est-ce que vos interlocuteurs russes ont des exigences particulières ?

Non pas spécialement ! Dans le domaine de la vente beaucoup dépend des relations personnelles. D’autant plus en Russie, où on est loyal à une personne avant d’être loyal à une société. Mais j’ai beaucoup travaillé au Maroc et en Egypte, et c’était globalement la même chose : les relations personnelles étaient au centre de tout. N’oublions pas qu’au final le business reste une histoire humaine, même si tout le processus décisionnel est extrêmement encadré, la conclusion est souvent aussi une décision émotionnelle entre deux personnes. Mais cette décision ne vient pas de nulle part, il y a des règles : nous sommes épaulés par notre service juridique et Orange Business Services a mis en place une politique anticorruption très stricte. Cela dit il ne faut pas croire que ce soit particulier à la Russie : c’est la même chose pour nos activités en Europe, en Afrique…Nous avons une politique intransigeante sur ce plan, ce qui nous permet de remporter des contrats.

AJ : Sur un terrain plus personnel…Quel est votre meilleur souvenir professionnel depuis votre arrivée en Russie il y a un an ?

Je dirais la manière dont notre équipe s’est battue pour clôturer l’année. Nous avons des objectifs ambitieux en termes de croissance : notre siège à Paris attend beaucoup de la Russie. Étant donné que pour Orange comme pour les autres la conjecture mondiale n’est pas simple, le groupe mise beaucoup sur la Russie dans sa stratégie de croissance, et ceci malgré les derniers événements… Notre équipe a vraiment fait de gros efforts pour tenir ses objectifs, il y avait un véritable esprit collectif, une envie de réussir ce challenge. Jusqu’au 31 décembre, tout le monde s’est vraiment battu pour boucler l’année. Une telle réussite collective, c’est une belle expérience pour un manager.

AJ : Et votre pire souvenir ?

Rien de bien méchant… -Pas de tracasseries administratives ?

-Si bien sûr, mais ça fait partie des aléas de la vie !

AJ : Parlons de votre journée de travail…Qu’est-ce que vous faites en premier en arrivant à votre bureau ?

Je signe les contrats de la veille, avec un café ! J’arrive à 7h30, ça me laisse une bonne heure et demie de calme dans mon bureau, le reste du temps entre les réunions, les rendez-vous clients et la gestion des équipes, je n’ai pas de temps…

Notre semaine est assez organisée, le lundi on regarde les résultats de la semaine précédente et les correctifs à appliquer, mardi-mercredi-jeudi ce sont les rendez-vous clients et les réunions en interne et le vendredi aussi est consacré aux questions internes sur différents points…En général, ma journée se termine vers 20 heures. Mais commence alors la deuxième journée après une pause d’une heure et demie en famille : je m’occupe de tous les mails que je n’ai pas eu le temps de lire dans la journée. Il faut dire que le temps passe très vite mais je n’ai pas du tout le sentiment d’en manquer…Il faut dire que je fais aussi beaucoup de choses pendant les week-ends. Activités sportives pour les enfants, des visites…j’ai dû par contre sacrifier les grasses matinées.

AJ : Est-ce que vous avez un endroit préféré à Moscou ?

C’est une réponse convenue mais la Place Rouge restera pour moi toujours quelque chose de mythique, de romantique et de beau, surtout avec un coucher de soleil derrière la basilique… On l’a tous vu des centaines de fois, à la télévision ou sur des cartes postales, mais le fait d’y être soi-même, c’est assez magique. Après, il y a à Moscou tellement de lieux improbables…Il y a 3 semaines, on a amené notre fils à une fête d’anniversaire d’un copain de son école, c’était une après-midi paint-ball… C’était tout près du parc Gorki, dans un endroit complètement dévasté, avec, abandonné au milieu de nulle part, ce centre de paint-ball…C’est aussi ça Moscou, une juxtaposition d’éléments extraordinaires dans des endroits vraiment insolites, il suffit de pousser quelques portes pour tomber dessus. Pour vraiment découvrir la Russie, il faut sortir des circuits balisés, regarder derrière la façade et là, les surprises sont au rendez-vous !