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« Un Français sur deux prend des médicaments homéopathiques »

Irina Nikoulina, directrice générale de Boiron en Russie, sur les perspectives du marché pharmaceutique, le lancement tant attendu des mono substances de la société en Russie et de la motivation des personnes à adopter une attitude saine.

– La filiale russe de BOIRON a été ouverte en 2005. Quelles étaient les prémisses pour ouvrir une succursale à ce moment particulier ?

– C’est lié au contexte social et économique, par des pas importants de l’État vers la convergence de cette méthode avec la médecine conventionnelle. En 1995, la méthode de traitement homéopathique a été introduite dans la pratique médicale sur ordonnance du ministère de la Santé de la Fédération de Russie – après plus de 50 ans d’existence non réglementée dans notre pays. Immédiatement, les premiers médicaments homéopathiques européens ont commencé à être livrés sur le marché russe : la demande était considérable, mais au début, ils étaient principalement importés par des distributeurs.

Au début des années 2000, la marque BOIRON a gagné en popularité et en réputation en Russie. En 2005, la filiale russe a été ouverte, pour devenir par la suite l’une des plus dynamiques du groupe. Déjà fin 2009, le médicament Oscillococcinum de Boiron a pris la troisième place dans le classement des marques dans le retail du marché pharmaceutique russe, affichant une augmentation de 71% par rapport à 2008.

– Comment évaluez-vous le potentiel du marché pharmaceutique russe ?

– D’une manière générale, le marché russe est considéré comme attractif, car la consommation de la plupart des catégories de biens de consommation courante, y compris les médicaments, est nettement inférieure à celle des pays européens. Mais il convient de noter que le pouvoir d’achat des Russes n’a pas augmenté depuis plusieurs années et, bien sûr, cela se reflète, y compris dans la demande pour les médicaments.

– Quel est le portrait de votre consommateur en Russie?

– Différentes études montrent une image similaire: il s’agit de personnes ayant un haut niveau de connaissances médicales, qui souvent ont déjà une expérience dans l’utilisation de médicaments homéopathiques ou d’autres pratiques de santé complémentaires. Parmi eux se trouvent de nombreux parents et adhérents d’un mode de vie sain : ces catégories de patients sont les mieux informées et sont attachés à une médecine préventive et personnalisée. Par conséquent, ils sont particulièrement fidèles à l’homéopathie, car elle est sans danger et répond à leurs attentes.

Selon le Centre Panrusse d’étude de l’opinion publique (VTsIOM), environ 33% des Russes ont un niveau élevé d’éducation. Et les médicaments homéopathiques sont régulièrement utilisés par 25% des Russes.

– Quelles sont les principales tendances actuellement observées sur le marché mondial des médicaments homéopathiques?

– Je soulignerais quelques tendances importantes : la recherche d’une médecine factuelle et le rapprochement avec les systèmes médicaux. Par exemple, en 2014, l’Organisation mondiale de la santé a publié la «Stratégie dans le domaine de la médecine traditionnelle» jusqu’en 2023. Le document souligne que les méthodes de médecine traditionnelle et complémentaire, dont la qualité, la sécurité et l’efficacité sont confirmées dans la pratique, contribuent à garantir l’accès de tous aux soins médicaux.

Ainsi, l’OMS soutient les systèmes de santé nationaux dans le domaine de l’intégration des thérapies complémentaires, y compris de l’homéopathie. L’OMS plaide également pour des recherches supplémentaires dans ce domaine et encourage le partage des connaissances au niveau international.

Je rappelle que les médicaments homéopathiques ont commencé à être étudiés selon les normes de la médecine factuelle (Evidence-Based Medecine) depuis 2003, c’est-à-dire seulement quelques années après la formulation de ces normes.

Sur le site de la société pour la médecine factuelle Cochrane, vous pouvez voir des essais randomisés contre placebo en aveugle pour un certain nombre de médicaments homéopathiques qui donnent des résultats positifs. En particulier, Oscillococcinum y apparaît avec une métanalyse de six essais contrôlés randomisés, étant l’un des seulement 5 médicaments contre le rhume mentionnés. Les données des recherches sont publiées et disponibles sur les moteurs de recherche médicale, y compris Pubmed.

– Quelle est la différence entre l’homéopathie clinique et classique?

– Les différences sont importantes et concernent principalement l’approche du médecin lui-même. Ainsi, en homéopathie classique, pour poser un diagnostic et choisir un médicament on utilise la méthode de l’entretien qui permet au médecin de recueillir les données détaillées sur le patient, ses particularités physiques, psychologiques, émotionnelles, héréditaires, ainsi que sa réaction à la maladie. Lors de la prescription d’un traitement, le principe de l’unicisme est appliqué : un seul médicament homéopathique est utilisé pendant une certaine période de temps.

Pour l’homéopathie clinique, qui est plus adaptée à la pratique médicale courante, il est important de diagnostiquer le patient en utilisant des méthodes et technologies médicales modernes, et le diagnostic est établi selon la classification actuelle des maladies. Un homéopathe clinique peut prescrire plusieurs médicaments en même temps, y compris des médicaments non homéopathiques, par exemple, des antibiotiques si nécessaire.

 – Quelles nouveaux axes sont développés actuellement par Boiron ?

– Cet automne, nous avons présenté à nos patients russes une gamme de 28 médicaments mono substance les plus demandés pour les plaintes courantes :  symptômes d’infections virales respiratoires aiguës, troubles intestinaux, anxiété, douleurs musculaires et blessures. En France, un Français sur deux les utilise, 34% des généralistes les prescrivent dans le cadre de leur pratique quotidienne.

Ce fut une étape importante pour nous, après près de 15 ans de travail sur le marché russe. L’intérêt des patients et des spécialistes a joué un rôle décisif dans cette décision. Ainsi, plus de 37% des Russes aimeraient recevoir une combinaison optimale constituée de préparations homéopathiques et d’autres médicaments. Depuis octobre de cette année, les mono substances Boiron sont présentées dans les pharmacies russes en vente libre.

– L’un des défis majeurs pour le marché pharmaceutique est la présence de médicaments de mauvaise qualité. Comment la qualité des médicaments homéopathiques est-elle confirmée?

– La législation russe s’applique avec la même rigueur à l’admission à la vente en pharmacie de tout médicament, sans faire de concessions pour les médicaments homéopathiques. Tous nos médicaments vendus en Russie subissent des essais précliniques et cliniques selon les normes de la médecine factuelle, confirmant l’efficacité et l’innocuité des médicaments. Enfin, à la vente, ils se voient appliquer le système commun de contrôle pharmaceutique.

– Pourquoi l’homéopathie est-elle si populaire aujourd’hui en Occident?

– Selon l’OMS, le traitement homéopathique est aujourd’hui la deuxième méthode de médecine complémentaire la plus répandue sur la planète. 300 millions de patients l’utilisent et 400 000 médecins le pratiquent dans le monde entier. En France, un Français sur deux prend des médicaments homéopathiques. Ils permettent de rendre la thérapie plus personnalisée et plus sûre. Cela à condition que le patient ait reçu suffisamment d’informations du médecin et prenne en compte tous les facteurs liés à sa santé.

Dans les systèmes de santé de différents pays, la méthode est intégrée de différentes manières : incluse dans le système de santé (et même remboursée) en Suisse ou en Allemagne, ou en tant qu’axe complémentaire (Etats-Unis).

Par exemple, en Suisse, le problème de l’inclusion de l’homéopathie dans la l’assurance obligatoire a été l’objet de discussions durant plusieurs années. Les professionnels de la santé ont mené une série d’études sur cette méthode qui ont prouvé son efficacité, y compris sa capacité à apporter des changements régulatoires spécifiques dans les cellules et les organismes vivants. Sur cette base, l’Office fédéral de la santé publique suisse (BAG) a préparé un rapport dans lequel il a noté que l’efficacité de l’homéopathie peut être cliniqueme

nt prouvée.

– Quels programmes mettez-vous en œuvre en Russie dans le cadre de la responsabilité sociale des entreprises?

– Nous soutenons le projet d’information et d’éducation « Culture de la santé », qui favorise la formation d’une culture de soin de soi-même et améliore l’efficacité des employés grâce à la gestion de la santé au niveau de l’entreprise.

Cette initiative, créée en 2018, s’est avérée parfaitement en phase avec le projet fédéral du ministère de la Santé de la Fédération de Russie. Nous avons fait ce qui nous semblait naturel: nous avons d’abord essayé de changer quelque chose dans notre équipe, puis nous avons organisé des cours interactifs dans des entreprises partenaires. Faire passer le message, que tout en gérant les processus métier, il faut aussi savoir gérer et préserver sa santé. Russie «Renforcement de la santé publique», lancé en 2019. Il indique qu’en Russie, la santé publique est en train de devenir une discipline indépendante. Depuis le début, plus de 10 000 employés d’entreprises russes et internationales ont déjà participé au programme.

Le projet « Culture de la santé » est «réglé» de manière à ce que l’expertise des entreprises liées à la santé (sports, médecine, nutrition, psychologie) soit transmise à d’autres organisations publiques et commerciales. Nous ne parlons pas tant de la santé au sens strict, mais de l’importance de prendre soin de nous-mêmes, de la capacité de comprendre les signaux de notre corps, de nous reposer pleinement, d’être en équilibre avec nous-mêmes et avec le monde qui nous entoure.

Fin novembre, le projet « Culture de la santé » a remporté le prix Woman Who Matters pour l’égalité des sexes dans le monde des affaires dans la catégorie « Santé et médecine ».

 

 

 

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